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Niché au cœur de l’estuaire du Saloum, à proximité de la pointe de Sangomar, le village insulaire de Dionewar, est confronté depuis 1988 à l’érosion côtière, obligeant ses habitants à engager une lutte acharnée contre ce phénomène, avec l’appui de la diaspora.
Des initiatives locales appuyées par des partenaires se sont multipliées ces dernières années, en vue de limiter l’avancée de la mer qui engloutit progressivement des pans de terres de cette île, située à la confluence du fleuve Saloum et de l’Océan Atlantique.
Au cœur du Delta du Saloum au Sénégal, classé réserve de biosphère par l’UNESCO depuis 1980, et inscrit au Patrimoine mondial en 2011, les populations insulaires de Dionewar retiennent leur souffle face à l’avancée inexorable de la mer, qui menace directement l’existence même de leur île et ses plus de 5 mille habitants.
L’île subit de plein fouet les assauts des vagues, depuis 1988, année de la rupture de la flèche de Sangomar.
Cette situation naturelle a entrainé, depuis lors, un bouleversement radical de la dynamique de l’Océan Atlantique, marquée par une avancée de la mer qui menace à long terme de disparition les habitations, les infrastructures sociales et les sites de transformation de produits halieutiques de l’île de Dionewar.
Ici, la montée du niveau de la mer, accentuée par le changement climatique, semble dicter sa loi, grignotant ainsi continuellement des pans entiers de l’île de 225 hectares, soit 2,25 km² de superficie.
Ce processus naturel, qui dure depuis près d’une quarantaine d’années, a bouleversé les modes de production et les activités génératrices de revenus des populations locales majoritairement composées de Niominka, un groupe sérère très attaché à la pêche.
Le village insulaire de Dionewar est le chef-lieu de la commune éponyme et regroupe au plan administratif les villages de Niodior et Falia, pour une superficie de 16 km². Il est situé à Niodior, un arrondissement du département de Foundiougne, dans la région de Fatick (ouest).
Le village de pêcheurs de Djiffer, situé dans la commune de Palmarin, dans la même région, sert de point d’embarquement principal des visiteurs vers ces îles du Saloum, dont celle de Dionewar.
La traversée du quai de pêche de Djiffer à l’île de Dionewar se fait le plus souvent en pirogue traditionnelle motorisée. Ce trajet d’environ 30 à 40 minutes suffit pour mesurer à vue d’œil l’ampleur des dégâts causés par les vagues sur le littoral de l’île disposant d’un diamètre variant entre 200 et 800 mètres. |